Colloque International: La philosophie interrompue

COLLOQUE INTERNATIONAL DE PHILOSOPHIE

La philosophie interrompue: venir après la Reforma Universitaria de 1918 et mai 1968

Dans le cadre de la Semaine de l’Amérique Latine et des Caraïbes.Paris, du 30 mai au 1er juin 2018.

Organisé par le Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie de l’Université Paris 8 (LLCP), le Laboratoire du changement social et politique de l’Université Paris 7 (LCSP) , l’Institut des Hautes Etudes Latinoaméricaines de l’Université Paris 3 (IHEAL), le Centre de recherche sur l’action locale (CERAL) de l’Université Paris 13, le séminaire Dialogues philosophiques de la Maison de l’Amérique Latine à Paris, la Red Internacional Pensamiento Crítico (RIPC), la Fondation Maison des Sciences de l’Homme à Paris (FMSH), avec le soutien de l’Institut des Amériques.

Lieux des séances :

  • le 30 mai à l’ Université Paris 7 : 5, rue Thomas Mann (75013)
  • le 31 mai à l’ Université Paris 3 [IHEAL], Amphithéâtre, 1er étage : 28, rue Saint-Guillaume (75007)
  • le 1er juin à la Maison de l’Amérique Latine : 217, Bd. Saint-Germain (75007)

ARGUMENT : L’année 2018, d’une rive à l’autre de l’Atlantique, commémore deux évènements majeurs du siècle passé, qui introduisent une rupture significative entre un avant et un après. Ils ne sont pas des insurrections éphémères, mais des reconfigurations durables des institutions et des traditions de pensée. D’un côté la Reforma Universitaria de 1918 de Córdoba signe le bouleversement radical du système matériel des idées de recherche et de transmission des savoirs dans toute l’Amérique du Sud. L’une des énigmes de cette interruption serait dans l’évaluation du rapport qu’elle est supposée entretenir avec l’héritage de l’émancipation mentale comme processus de libération intellectuelle de la domination coloniale (Arturo Andrés Roig), avec les idéaux portés par le Manifeste adressé par la jeunesse argentine aux hommes libres d’Amérique du 21 juin 1918, et avec la promesse d’une université de l’avenir susceptible de « rendre les hommes plus dignes en augmentant leur capacité civile et la société plus juste en multipliant les liens de la société humaine, dans un monde rentré dans une ère de renouvellement plus importante que le Christianisme, la Renaissance et la Révolution française » (José Ingenieros). D’un autre côté, le paradoxe de la révolte de mai 68 tiendrait à ce que, bien loin d’être réductible à l’insurrection d’une jeunesse désireuse d’en finir avec un vieux monde qui l’empêchait de jouir des biens de consommation offerts par le capitalisme, elle fut un moment d’espérance révolutionnaire avec des mots d’ordre anticapitalistes et antiétatiques. Mais l’essentiel n’est pas d’interpréter les évènements d’hier, mais de venir après. Comment les raisons de penser l’interruption et ses promesses ont-ils pu devenir les raisons pour lesquelles il faudrait ne plus y croire, dans l’ordre du politique comme dans celui de la
philosophie ? Qu’est-ce qui devient possible de ce qui était jusqu’ici impensable, et qui se donne de nouveau le nom de philosophie tandis que la fin des choses politiques comme la philosophie était annoncée ? Venir après, cela définit une espèce de rationalité qui est en rupture avec la raison stratégique, c’est se placer dans une logique où il n’y a ni commencement, ni fin, mais où il y a quelque chose qui continue (Jacques Rancière).

En savoir plus: http://www.llcp.univ-paris8.fr/spip.php?article1748.